Depuis plusieurs années, la lutte contre les infections liées aux soins représente un enjeu majeur de santé publique, ce qui a donné lieu à des mesures de prévention visant à réduire le risque de transmission des agents transmissibles conventionnels (ATC) lors des soins.
L’apparition des encéphalopathies spongiformes transmissibles et l’identification des agents transmissibles non conventionnels (ATNC) ou prions responsables de ces maladies, ont entrainé des contraintes supplémentaires par rapport aux mesures de prévention existantes. En effet, les ATNC présentent une résistance remarquable à la plupart des produits et procédés, chimiques et physiques utilisées contre ATC et ont de plus une sensibilité particulière à certains comparée à celle des ATC.
En France, depuis 1994 des circulaires, rédigées sous l’égide du Ministère de la Santé, se sont succédées. Ces circulaires visent à maitriser le risque de transmission des ATNC lors des soins, avec notamment des recommandations relatives à l’utilisation des dispositifs médicaux et à leur traitement quand ceux-ci sont réutilisables.
Dans la circulaire DGS/5C/DHOS/E2/2001/138 du 14 mars 2001 il était prévu que "l'Afssaps procède à un bilan des dispositifs médicaux existants au regard des principes de réduction du risque de transmission des ATNC énoncés dans cette circulaire, notamment des produits désinfectants et des stérilisateurs. Elle pourra, le cas échéant, inciter les fabricants au développement de produits conformes à ces principes et elle pourra également être amenée à interdire certains dispositifs médicaux réutilisables."
Ainsi, en accompagnement des recommandations de la circulaire 138, l’Afssaps, dans le cadre de ses missions de surveillance du marché des dispositifs médicaux, a considéré deux problématiques, la maitrise du risque infectieux lié à la réutilisation des dispositifs médicaux réutilisables (DMR) et l’évaluation des procédés de désinfection et de stérilisation des dispositifs médicaux. Mais l’absence d’une méthode de référence permettant d’attester de l’atteinte des performances vis-à-vis du prion, des produits ou des procédés utilisés pour retraiter les DMR est vite apparue être un facteur limitant pour l’évaluation de ces produits et procédés.
Quatre équipes impliquées dans la recherche sur les agents transmissibles non conventionnels ont proposé un projet d’étude visant à mettre au point ce référentiel manquant. L’étude baptisée « Protocole Standard Prion (PSP) » a été cofinancée par la Direction Générale de la Santé et l’Afssaps.
Dans le même temps, l’évolution des connaissances scientifiques sur les ATNC a conduit à la révision de la circulaire 138. La circulaire révisée à paraitre préconisera quand cela est nécessaire de traiter les DMR par un produit ou un procédé ayant démontré des performances d’inactivation totale vis-à-vis des ATNC suivant une étude de performance réalisée conformément au PSP en vigueur.






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